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En grève contre les Nations Unies

Publié le Tuesday 31 December 2013

Ce dimanche matin 29 décembre 2013, on a rencontré les grévistes du camp de Deishe, pour leur apporter notre soutien et mieux comprendre leurs revendications. Y., enseignant en grève de la faim, nous a tout d’abord fait quelques rappels historiques, fort utiles, sur le statut des camps de réfugiés et les conditions de vie des habitants et employés.

Quelques années avant 1948, les Palestiniens subissent les attaques de mouvements sionistes, ils ne peuvent résister car ce sont des agriculteurs qui ne sont pas armés
14 mai 1948, les Britanniques abandonnent leur souveraineté aux Israéliens
15 mai 1948 autoproclamation de l’état d’Israël, la Torah est invoquée pour justifier l’occupation
11 décembre 1948 : résolution 194 des Nations Unies prévoyant le Droit au Retour des Réfugiés Palestiniens, création des camps de réfugiés administrés par les Nations Unies puis création de l’UNRWA : United Nations Relief and Works Agency for Palestine.
L’UNRWA n’a pas de pouvoir politique, ni de police mais gère les services sociaux, de santé, d’éducation ainsi que le service de ramassage des ordures. L’UNRWA est financée principalement par l’Union Européenne (la France notamment) et les États Unis ainsi que par des pays de la Ligue Arabe.
L’UNRWA gère 59 camps de réfugiés en Cisjordanie, dans la bande de Gaza mais aussi en Syrie, en Jordanie et au Liban.

Aujourd’hui les travailleurs de ces camps gérés par l’UNRWA sont en gréve. A Deishe, cela fait 28 jours, certains font la grève de la faim, depuis quelques jours.
La situation dans les camps se dégrade depuis des années: les salaires sont à la baisse, les habitants manquent de beaucoup de choses, par exemple dans ce camp de 13 000 habitants, il y a 1 seul médecin, uniquement 2 écoles sur le camp pour 3 000 enfants (soit environ 45 élèves par classe), un hôpital qui ne soigne que les maux de tête après un délai d’attente très long, les ordures ne sont plus ramassées….

Y. considère que l’UNRWA est un leurre qui permet de garder les palestiniens dans des camps et de les contrôler plutôt que de les aider. Leur intention non avouée est plutôt de stopper l’aide et de soutenir Israël dans la construction de son Etat. De plus, les réfugiés subissent la pression de l’Autorité Palestinienne. Il leur est interdit de faire de la politique par exemple...
Pour lui, l’UNRWA est basé sur un système capitaliste qui donne de moins en moins de moyens pour satisfaire les besoins, ce sont des signes de désengagement progressif. Peu à peu les cartes de distribution d’aide alimentaire disparaissent. Autre exemple, le salaire de Y. est passé en 10 ans de 3 000 à 1 000 shekels (environ 200 euros). Son fils qui fait des études d’ingénieur va devoir arrêter ses études car il ne peut plus les payer, il décide lui aussi de se mettre en grève de la faim comme son père.
Y. a également la dent dure contre l’Autorité Palestinienne qui n’a pas réussi dans sa médiation entre les grévistes et l’UNRWA, alors qu’en Jordanie, le roi a fait pression sur l’UNRWA et a permis une augmentation des salaires de 150 $. Le Comité Populaire, organe politique d’organisation du camp, soutient les actions des grévistes mais a très peu de moyens de pression.
Pour toutes ces raisons, certains grévistes décident de faire aussi grève de leurs traitements médicaux, de bloquer la rue principale (même si ceci est difficile à cause de la répression israélienne et de la police de l’Autorité Palestinienne), ils sont décidés à aller jusqu’au bout pour faire aboutir leurs revendications.

On a ensuite discuté sur les moyens de soutenir leurs causes. La présence régulière de militants associatifs, étrangers notamment, les aide dans leur lutte. Mais ils nous demandent surtout de témoigner de leurs situations dans les médias, de retour dans nos pays, mobiliser des moyens pour faire pression sur les Nations Unies, c’est aussi cela la réalité des problèmes en Palestine, mais on en parle beaucoup moins que des tirs de roquette.

C’est pourquoi , nous publions ici ce texte sur le blog de notre association. Un article sera également proposé à la parution dans diverses revues syndicales ou politiques.

N. et L.

Ce mardi matin 31 décembre, nous avons participé au blocage de la rue principale devant le camp de Deishe. Quelques chaises, des adultes et des enfants au milieu de la rue, les traditionnels pneus brûlés et surtout les tas d’ordures non ramassées depuis plusieurs jours vont réussir à créer un barrage.

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