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Rencontre avec une jeune israélienne à « Nevé Shalom - Wahat as-Salam »

Publié le samedi 4 janvier 2014

Vous trouverez ci-dessous le témoignage d’une personne habitant « Nevé Shalom - Wahat as-Salam ». Les propos qu’il contient n’engagent que la personne qui les tient.

À la lecture du témoignage, nous sommes plusieurs contributeurices du blog, dont celle qui a recueilli le témoignage, et militantEs des CEMEA à nous interroger sur ce type de projet.
Nous nous demandons, notamment, s’il ne s’agit pas d’une forme de normalisation, tendant à faire accepter la situation actuelle de la Palestine et à faire oublier qu’on parle bien là d’un territoire occupé et que les PalestinienNEs vivent quotidiennement des situations d’oppression, d’humiliation, d’inégalité...

Cela signifie « Oasis de Paix » en hébreu et en arabe. C’est un village établi conjointement par des Juifs israéliens et des Arabes palestiniens, qui est situé sur une colline, à 30 km de Jérusalem, de Tel Aviv et de Ramallah. L’activité principale du village est le travail éducatif pour la paix, l’égalité et la compréhension entre les deux peuples. Les premières familles sont venues s’y installer dans les années 80. On est samedi, notre délégation en Palestine est finie. C’est ma cousine, juive israélienne, qui m’y a amenée, me disant qu’à sa connaissance, c’était la seule expérience de ce genre en Israël. Le prénom de la jeune fille interviewée signifie Horizon en hébreu...

Ce sont mes parents qui ont voulu y venir, je n’y suis pas née, je viens d’Eilat. Pourquoi ils s’y sont installés ? Parce que mes parents, qui sont juifs, croient au fait de vivre ensemble, en paix et que la coexistence est possible, ils aiment l’esprit de cet endroit, ils sont pour l’égalité entre juifs et arabes. On a dû attendre longtemps avant que notre candidature soit acceptée, on y est en location et on attend une maison. Mais maintenant, on est déjà participants, on fait partie du village. Pour en faire partie, il faut être pour la paix et le dialogue, le respect de l’autre. Ici, il n’y a pas de religieux traditionalistes, c’est impossible. La vie de la communauté est organisée pendant des assemblées où les questions concernant la communauté sont discutées et décidées. C’est un village, pas un kibboutz, et chaque famille vit chez soi, élevant ses enfants selon ses coutumes et croyances (ou pas).
Il y a une soixantaine de familles, la moitié d’arabes palestiniens, musulmans et chrétiens et l’autre de juifs. Ça, c’est obligatoire que ce soit moitié-moitié. En ce moment, il est en train de s’agrandir vers d’autres familles, avec les mêmes conditions.

A l’école primaire, notre enseignement se fait en deux langues, avec deux professeurs par classe, l’un parlant hébreu et l’autre arabe. Alors, on apprend tous à lire et écrire les deux langues, en même temps (de toute façon, le jardin d’enfants permet d’être bilingue dès tout petit). L’école accueille près de 300 enfants de ce village et de ceux des villages environnants, juifs et arabes. On y fête les fêtes religieuses, juives et musulmanes. Il n’y en a qu’une que l’on ne fête pas, c’est la fête de l’indépendance, car elle est très problématique. Elle est joyeuse pour les juifs, tristes pour les arabes. Pour eux, c’est l’Al Nakba, jour de catastrophe. Alors, chacun choisit de célébrer ce jour en famille, en dehors de l’école. Moi, je ne le fête pas, car c’est un jour triste pour mes amis palestiniens.

Il y a très peu de tensions entre nous et quand il y en a, on en parle. On discute beaucoup de ce qui se passe dans notre pays, en Palestine, en Israël, on en parle entre nous dans la communauté.
Je n’aurais jamais pu être aussi ouverte aux autres si je n’avais pas reçu cette éducation. Ce qui me dérange, c’est qu’ici, je vis dans une sorte de bulle, j’ai énormément de rencontres avec des gens qui sont pour la paix, pour l’égalité. J’ai peu d’occasions d’être avec ceux qui sont opposés aux idées qu’on a. Je voudrais comprendre les idées qu’ils ont, comment ils peuvent les avoir, ce qu’ils pensent, ce qu’ils veulent. Quand je vais à l’extérieur, il y a tellement d’antagonismes ailleurs que c’est difficile, les autres sont en opposition, c’est dur de faire passer le message.
Avec des groupes de jeunes, je vais à des manifestations, avec des tambours, des percussions, entre autres, pour l’égalité dans la société, contre ce mur...

Ceux qui travaillaient dans le café du village Nevé Shalom - Wahat as-Salam où a été faite l’interview sont musulmans et juifs. Il y a une salle avec des livres en arabe et en hébreu, ou les deux à la fois. Il y a aussi dans le village une école pour la paix, dans laquelle se rencontrent arabes, chrétiens et juifs de tout les territoires. Et puis ce slogan « Des ponts, pas des murs ! »

Un documentaire a été fait, si vous voulez en savoir plus, avec ces questionnements : Comment être amis quand les deux peuples auxquels on appartient sont ennemis ? Quelle attitude adopter face au service militaire obligatoire quand on est, en tant que jeune juif israélien, lié d’amitié avec des Arabes ? Comment vivre si proches dans un contexte social, politique et religieux si complexe ? http://www.france5.fr/portraits-d-u...

S.

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