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La Shuhada Street d’Hebron

Publié le mardi 31 décembre 2013

En ce dernier jour de 2013, nous nous sommes renduEs à Hebron, cette ville au sud de Jérusalem, qui a la particularité d’être divisée non pas comme le reste de la Palestine en 3 zones (A,B,C), mais en 2 zones H1, qui est en théorie sous autorité palestinienne et H2, sous autorité israélienne.

Nous arrivons, vers la vieille ville, un check point limite à certainEs l’entrée de la rue, où en interdit même l’accès à d’autres. Cette rue, c’est la Shuhada Street, autrement appelée rue des martyrs.

L’armée israélienne y a perpétré nombre de massacres, tous les magasins ont été fermés et scellés pour interdire toute réouverture. Des colons se sont installés dans des maisons gardées par des soldats en permanence (à Hebron, 400 colons et 4 000 soldats pour les « protéger »), Une importante villa devenue israélienne oblige les PalestinienEs à faire un détour car ils n’ont pas le droit de passer dans cette partie de la rue. Il faut donc monter un escalier, longer le surplomb, pendant des centaines de mètres, avant de rejoindre la rue plus loin. C’est ce chemin, que doivent emprunter les écolierEs, en étant régulièrement l’objet d’insultes, de jets de pierres de la part des colons.( il existe une vidéo assez troublante illustrant ceci). Des observateurICEs internationaux sont présents pour protéger les PalestinienEs, leur présence est dissuasive, cependant bon nombre d’entre eux sont accuséEs de partialité et sont régulièrement expulséEs du territoire.

Shuhada Streeet à Hébron

De l’autre côté du check point, nous avons retrouvé H. qui nous a expliqué le calvaire qu’il vit avec sa famille quotidiennement. En effet, il a la malchance d’être le « voisin » du leader de la Ligue Internationale Juive, l’accès de sa maison par la route lui est interdit, il doit emprunter un sentier sinueux et boueux pour gagner sa maison, on lui a pris par la force son jardin, brûler sa vigne, arracher ses oliviers, son fils a été blessé, sa femme enceinte a été violentée et a perdu son enfant et lui même a passé de nombreuses années en prison. Impossible de relater ici les horreurs dont lui et sa famille sont victimes …
Sur une partie du mur de séparation, on peut voir des graffitis et dessins des « Artistes 4 Israël », important mouvement sioniste, plus loin on peut lire des inscriptions telles que « GAS the Arabs »

Grafitti « gas the arabs » à Hébron

Dans une autre partie de la vieille ville, des colons ont investi les maisons du dessus et les PalestinienEs sont obligéEs de grillager et protéger la rue et leurs maisons des détritus et autres objets régulièrement jetés par les colons.
Au bout de la vieille ville, après un nouveau check point nous arrivons à la mosquée dont une moitié a été transformée en synagogue, vers 17h ce soir là, pendant l’appel à la prière du muezzin, il y a ce qui n’existe nulle part ailleurs, un appel à la prière à la synagogue, diffusé largement et bruyamment pour couvrir celui des musulmans.

Un point positif tout de même dans cette ville, l’atelier de femmes qui fabriquent et vendent leurs étoles, keffieh, porte-monnaie .. ; sous le label WIH (Women In Hebron), nous en avons profité pour faire des emplettes, en sachant où va l’argent pour aider cette association qui porte également d’autres projets spécifiques pour les femmes.

L.

Portfolio

Panneau israëlien dans la Shuhada street à Hébron Des oservateurices internationaux à Hébron Grillage au dessus d'une rue à Hébron
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