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Colonialisme ... suite ou fin ?

Publié le samedi 17 mai 2014

Arrivée

Nous voilà arrivées à Tunis sous le coucher du soleil, le temps de récupérer nos bagages et nous voilà dans le hall de l’aéroport de Tunis Carthage ...

Nous nous y fixons trois missions :
- Retirer de l ’argent
- Trouver un plan de Tunis
- Acheter des cigarettes (et oui en bonnes touristes ... ici c’est pas cher ...)

Nous essuyons notre premier échec : nous trouvons bien un plan au point information ... entièrement en arabe (d’accord, on ne va quand même pas leur en vouloir de parler dans leur langue !), en réalité nous apprendrons par la suite que le plan est en arabe littéraire et que les tunisienNEs que nous rencontrerons n’y comprennent rien non plus... Ça ne va pas nous faciliter la tache !

Nous voilà embarquées dans un taxi direction la ville de Tunis et un hôtel pas cher dont une amie nous a donné le contact .... croyons nous ...

Que nenni ! d’après notre discussion avec le chauffeur (un mixte des quelques mots d’arabe palestinien que nous connaissons, de quelques mots de français et à grand renfort d’onomatopées) il a visiblement changé d’avis et nous dépose devant un autre hôtel plus proche de la gare pour partir demain à Gafsa.
Le chauffeur descend avec moi négocier le prix de la nuit pendant que K. reste dans la voiture.
Après s’être assuré avec (vraiment beaucoup) d’insistance que la personne qui m’accompagnait était bien une fille, le gérant consent à nous laisser une chambre avec un lit double pour 25 DT la nuit. Ce n’ est pas le moment de faire des blagues sur le fait qu’elle pourrait être ma petite amie ... j’ accepte !

Les françaisEs, TouTEs des conNEs ?

Bouche bée du gérant de l’ Hôtel quand on dit « choukrane » ; « je n’ai jamais entendu un français parler arabe ! ». Heu, non Monsieur, nous ne savons malheureusement pas parler arabe, on a juste dit merci mais si vous voulez on sait dire aussi « De rien » et « Bonne nuit » enfin uniquement si c’est pareil qu’en arabe palestinien sinon on est perdues (rire gêné de notre part). Alors là, il est estomaqué et on sent qu’on a marqué des points ! Nous apprendrons quelques minutes plus tard dans la conversation que lui parle couramment arabe, français, anglais et allemand ... on comprend qu’il soit impressionné par notre « Choukrane » dit donc !

Ce type de situation va se reproduire plusieurs fois, personne ici n’a l’habitude de croiser des françaisEs qui font un quelque effort que ce soit sur la langue.

Un passé difficile à assumer ... et si ce n’était « que » le passé ....

A partir de ce moment, nous faisons un blocage, impossible de parler français avec quelque « autochtone local » que nous croisons qu’ilLE soit chauffeur de taxi, passantE à qui nous demandons notre chemin, serveurEUSE dans un bar, nous avons trop honte.

Cela provoque quelques situations cocasses, en générale nos bribes d’arabe nous permette de poser la question et les gens nous répondent en anglais ou en espagnol (langues aussi de colons me direz vous ... certes mais passons !). Trouver notre nationalité devient à chaque fois un jeu espagnoles ? italiennes ? hollandaises ? allemandes ?

Nous sourions et poursuivons les discussions dans un mélange arabo-anglo-hyspanisant.

Questions de transferts ?!

Et de plus, ne serait-ce pas les même françaisEs qui marmonnent, lorsqu’illes entendent deux personnes parler arabe dans la rue en france « rhô, ils pourrait s’intégrer et parler français tout de même ! ».

La décolonisation, c’est la privatisation de la colonisation « Petite histoire des colonies françaises »

Avant :
Le Petit Journal, 1911

Après
Publicité à Tunis, aujourd’hui

C.

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