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Histoire d’une intervention militaire !

Publié le samedi 21 juin 2014

Le camp de réfugié de Dheisheh est un camp de moins d’un kilomètre carré dans lequel vivent 13000 réfugiés palestiniens de la Nakba de 1948. Il a été le théâtre d’une violente intervention militaire de la part de Tsahal, l’armée israélienne dans la nuit du 19 au 20 juin.

A minuit et demi, nous quittons la maison d’un copain pour nous rendre chez nous, la soirée était terminée. Sur la route, la tension est palpable. On croise plusieurs copains et à chaque fois le discours est le même : « rentrez, vite » ! On arrive chez nous...

Cinq minutes après, des centaines de soldats, peut-être 1000 selon Ma’an news, un journal palestinien, étaient dans le camp. La situation attise notre curiosité alors, on monte sur le toit pour essayer de voir ce qu’il se passe. Dehors, on voit les lacrymos mais on ne les sent pas encore. Par contre on entend bien les bruits réguliers des grenades assourdissantes. Dans la rue qui passe devant chez nous, il y a un air de révolte. Jets de cailloux, barricades enflammées et cocktails Molotov font face aux Jeep de l’armée et à leurs multiples allers et venues.

Puis la tension s’élève encore un peu, ce ne sont plus des flash-ball qui partent des fusils mais des balles. Alors, les « Shebabs » comme les jeunes palestiniens s’appellent entre eux, se planquent là où ils peuvent, dans les maisons de la famille ou autres... Un petit groupe se réfugie chez nous et, comme nous, ils observent.

Ils communiquent via Facebook et par téléphone pour se donner les infos. Apparemment, l’antenne de l’université accolée au camp servirait de prison temporaire. Ils auraient aussi attaqué Ibdaa, le centre culturel à côté de chez nous et pris les ordis et l’argent à l’intérieur.

...

A 5h, après plus de 4 heures d’intervention, bien après le premier appel à la prière, les soldats repartent. On en voit des centaines sortir du camp en même temps.

Bilan de l’offensive : 5 hospitalisations, 30 arrestations, des dizaines de maisons fouillées, un centre culturel dépouillé de son argent et d’une partie de son matériel.

Quand ils viennent en réquisitionnant une université et en affrétant un bus pour ramener les prisonniers, ils ne font ni une opération « recherche des colons » ni une opération « anti-Hamas » comme Israël le présente publiquement. C’était juste une rafle de Tsahal dans un camp de réfugiés palestinien !

C.

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