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Pour moi

Publié le lundi 7 juillet 2014

Mes appréhensions a priori et ma découverte de la réalité de la résistance.

Pour moi, quel que soit le type de préparation au voyage, les choses ne sont jamais telles qu’on les imagine. J’ai pris l’avion pour la première fois, m’inventant déjà des scénarios catastrophes : et si les israéliens prennent des informations sur moi ? Et s’ils m’arrêtent ? Et si c’était mon premier et dernier voyage ? Et si, Et si, Et si… Je dois apprendre à dédramatiser, à ne pas croire que tout est dramatique ou va l’être. Nous sommes invités par le consulat de France à Jérusalem, nous n’avons rien à nous reprocher, tout se passera bien et tout c’est bien passé d’ailleurs. J’ai tendance à croire au hasard, mais là-bas, non. Chaque contrôle de passeport inopiné était pour moi(*), allez savoir pourquoi ? Avoir validé une 1ère année de droit à l’université, m’a permis une prise de recul par rapport à la question du racisme ou du délit de faciès, de passer au-dessus de ça.
Puis, j’ai découvert la réalité de la résistance en Palestine. A N-S, haut-lieu de la résistance palestinienne, nos hôtes ont le cœur sur la main. Tous les vendredis, après la prière, c’est jour de marche à N-S contre la fermeture de la source aux habitant(e)s du village par les colons en 2009, mais aussi contre l’avancée de toutes les colonies en Palestine. Je ne fais pas partie de ces enfants qui sont nés sans connaître la paix. Je ne crois pas qu’un jour je puisse dire à la minorité qui lance des pierres, allez-y, continuez, c’est bien ! Avec toute l’empathie du monde, je ne serai jamais vraiment à leur place, je n’ai donc pas à porter de jugement. Je pense au courage qu’il faut aux habitants de N-S pour aller manifester tous le vendredis au risque d’être blessés, arrêtés ou tués. Je pense aussi à Saïd, qui à 41 ans a passé la moitié de sa vie en prison, pour la liberté de son peuple. Quand nous l’avons rencontré, cela faisait seulement 4 mois qu’il était « libre ». Modèle de résistance pour toute la Palestine, pour lui « les prisons sont des fabriques d’espoir ».
Le calme n’existe pas à l’extérieur, il faut le trouver à l’intérieur de soi-même, c’est une sagesse palestinienne. A entendre la résistance palestinienne parler de liberté et d’espoir, continuer à rire alors que ma première réaction aurait été d’être glacé d’effroi. A vivre le quotidien de cette résistance, à rêver de marcher avec-eux dans leurs pas de résistantes et résistants, ce n’est plus ma peur que j’écoute, mais mon cœur de grand et doux rêveur.
(* : Je suis métis).

A.

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