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Trois mois à Hambourg

Publié le mardi 24 février 2015

Témoignage d’Axelle qui a vécu un Léonardo à Hambourg

A 18 ans, je suis parti à Hambourg pour y vivre 3 superbes mois grâce au programme Léonardo. Partir une telle durée à l’étranger est un expérience qui n’était pas nouvelle pour moi, à 15 ans j’étais déjà parti 3 mois vivre à Powell river au Canada. Lorsque j’ai pris la décision de partir à Hambourg, je m’attendais à revivre les grandes lignes déjà vécues au Canada : la barrière de la langue, un léger changement de culture, de nourriture, de mode de vie, etc... Au final ces deux expériences n’avaient rien à voir ! Tout d’abord les objectifs étaient très différents : pour le Canada il s’agissait principalement d’apprendre l’anglais, de mûrir, pour l’Allemagne, ça représentait plus que la simple pratique de la langue, il s’agissait également de changer d’air pour apprendre davantage sur quelle personne je suis, qu’et-ce que je veux, qu’est-ce que je ne veux pas, car grâce au changement d’environnement, on se rattache beaucoup plus à soit-même pour s’adapter, agir, et réagir, qu’à quiconque. Au canada, je suis partie seule, et me retrouva dans une famille d’accueil. A Hamburg, je partais avec un groupe de français que j’ai appris à connaître et à aimer lors des trois mois, et j’étais en colocation avec une famille allemande. Famille qui ne mangeait pas de viande, et autant dire que pour moi, petite fille d’agriculteurs, c’était une première non négligeable ! J’énonce ce point qui peut-être perçu comme un simple détail, car ce sont tant de petits sujets de la sorte qui m’a amené à me questionner sur bien des sujets. L’alimentation, du coup, m’a interrogée, mais ce thème n’est pas le seul à m’avoir fait cet effet là. Par exemple, en France, je ne ressens jamais vraiment les conséquences du passé colonialiste de mon pays sur les gens d’aujourd’hui, tandis qu’à Hambourg, j’ai échangé avec certains Allemands issus de l’immigration qui passaient de l’allemand au français sans difficulté, et me voyais comprendre que cette histoire de mon pays réside toujours sous une certaine forme aujourd’hui. C’est peut être une évidence pour certains, mais ça ne l’étais pas pour moi. Autre exemple, le développement de l’enfant, thème qui n’est pas des moindres, puisque c’est sur mon lieu de stage (une KITA [Kindergarten], soit, jardin d’enfants) que j’en ai fait l’expérience. Dans le domaine de l’animation, je n’avais fait qu’une colo et quelques mois de Temps d’Activité Périscolaires comme remplaçante avant Hambourg. Malgré la légèreté de mon « cartable d’expérience » j’ai quand même été frappée par la pédagogie mis en place dans la Kita. J’ai constaté qu’un enfant était capable de beaucoup, déjà très jeune, qu’il avait soif d’apprentissage, de découverte, qu’il était curieux sans qu’on ne lui demande quoi que ce soit, au début j’ai cru me retrouver en face de mini-surdoués (j’exagère un peu mais je n’ai pas LE mot juste en tête ^^). On leur fait confiance, l’autorité n’a pas cet enjeu de confrontation comme j’ai pû le voir ailleurs... Je vous liste là bien des mots « bateaux » mais qui prennent tout leur sens quand on vit avec, quand on les observe, quand on parle avec les enfants. J’ai aussi compris que l’aménagement (et ce, pas seulement dans le cadre de l’animation), a une place vraiment très importante pour le bien être de chacun. Auparavant j’entendais parler d’aménagements adaptés aux personnes en situation de handicap, adaptés aux personnes âgées, et à Hambourg, d’aménagements adaptés aux enfants, mais je pense, après avoir constaté tout ça, que le BON aménagement, adapté ou non, est quasi-primordial pour jouir d’un lieu, s’en emparer, se l’adapter, et s’en imprégner dans son entièreté. Donc voilà, l’alimentation, l’enfance, l’aménagement, l’histoire colonialiste de la France... Tant d’idées, de sujets, de souvenirs, de questions qui ont transpercées ma boite crânienne... Et tellement d’autres encore ! La prostitution, le sentiment d’être l’étranger, l’importance des espaces verts dans les milieux urbains, l’art de rue (skate, graff, etc...), le militantisme (c’est qui-que-quoi), l’autogestion, et j’en passe... A notre retour, on pourra parler de tout ça à nos amis, aux inconnus, à la famille, mais le mieux pour comprendre, pour s’enrichir, pour se sentir vivre, c’est de partir voir ce qui se passe ailleurs. Va voir avec tes propres yeux ce que les miens ont adoré. L’être humain est un peu d’une nature nomade au fond ! Alors un conseil, que ce soit à Hambourg ou ailleurs, 10 ans ou 10 jours, en Léonardo ou à dos d’chameau : faut s’casser, voyager, se barrer, en bref... il faut partir. Attention-citation-du-soir-bonsoir :: : « Partir pour mieux revenir », et je dis JA ! WUNDERBAR ! Puis dans certains cas on peut aussi RE-partir... Alors à bientôt Hambourg !

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