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Spio Altona, une visite de BAUI

J3 - 11 personnes, 1 structure

Publié le mercredi 30 septembre 2015

Un premier après-midi de visite de structures. Deux Bauspielplätze, des terrains d’aventures pour et par les enfants. Trois heures de rencontres, d’échanges, de découvertes et de discussions avec celles et ceux qui font vivre ces espaces.Retour ligne automatique
Nous étions en groupes 9-10 personnes, chaque groupe visitant une structure. Ensuite, un temps de ressentis et d’écriture autour d’une boisson chaude entre nous était prévu, en voilà l’essentiel :

Ce BAUI c’est :

Un terrain d’aventure/parc où les enfants se retrouvent pour jouer, autour, du plaisir et de la prise de risques. Ils expérimentent. Pour eux-même et/ou avec les autres.
« C’est l’aventure » disent certain-aines de notre groupe. Pour d’autres pas tant que ça. Ressentis mitigés.

La liberté d’action autant pour les anim’ que les enfants. Les enfants sont libres de leurs mouvements, de leurs activités et de ne rien faire. Les anim’ observent, font du feu et coupent du bois. L’équipe d’animation n’intervient que lorsqu’elle est sollicitée par les enfants
C’est un terrain de jeux où il y a des risques.

Le BAUI est fait pour la prise de risque ; c’est un outil pour que les enfants puissent comprendre les risques et qu’à terme cela n’en soit plus.

C’est aussi la création, la créativité. La structure le permet via la construction de cabanes par les enfants.

L’originalité de par sa construction en bois et par la pratique. Les enfants peuvent être accompagnés dans l’activité mais il n’y a pas de planning, pas d’activité dirigée. C’est très intéressant.

C’est la hauteur. Les structures de bois sont vraiment hautes pour les enfants, cela implique la prise de risques. Y’a des trous, du vide. C’est intrépide ! C’est très porteur !

Pour moi c’est l’appréhension autonome du danger et cela passe par l’aventure, le danger, le jeu ! On observe pas d’ennui des enfants. Ils-elles passent de bons moments. J’ai observé une partie de foot, de cache-cache, la fabrication d’un feu et tout cela avec la prise de plaisir. Les enfants découvrent par eux-même leurs limites, il doit y avoir une grosse évolution au niveau de la motricité pour ceux et celles qui viennent régulièrement.

Qu’est ce qui nous saute aux yeux ?

  • La hauteur
  • La prise de décision, d’initiative
  • La surface construite de cabanes
  • La sécurité lors des constructions, lors de la mise en selle, et l’environnement autour des cabanes (le sol en terre, avec de pierres...). Il n’y a pas de protection.
  • L’investissement des enfants.
  • La sensation de sentiments de liberté pour les enfants.
  • « Règles » différent de « liberté »

Ce qui m’a interpellé, c’est la possibilité d’ouvrir ce type de structure :« en France ce n’est pas possible. On est limité pour ce genre de projet, d’une part par la mairie, puis les parents. Et puis la réglementation ».
Je me pose la question de faire ça en France par rapport à notre contexte.
Pour moi les enfants n’auront pas forcément d’appréhension. A court terme elles-ils accepteraient facilement ce genre de structure.
Les parents sont-ils prêts ? Et les élus ? Et moi est-ce que je le suis ?

J’ai été surpris par la posture des anim’. J’ai pas entendu une seule fois « ACHTUNG » (attention). Les enfants jouent sur les structures pendant que les anim’ démolissent des cabanes (celles qui sont trop vieilles, abîmées...), font du feu → « Dans la structure » !!!!!

La confiance des parents : Ils sont conscients de ce qui se passe dans les BAUI et ils valident cette prise de risque, l’activité non dirigée, le « rien faire ». Pour le sociaelbetrue « Ne rien faire fait partie du processus d’animation, d’éducation ».

L’énergie que les enfants dégagent dans cette structure malgré le danger (hauteur, vélo, obstacles qui traînent).

J’ai été témoin d’une chute, l’enfant est tombé sur une pierre. L’enfant pleure mais remonte sur vélo tout de suite après.
La posture des anim’. En France un enfant qui tombe, les adultes auraient tendance à réprimender les enfants parce qu’ils-elles ont pris des risques. Ici les anims demandent juste aux enfants « Wie Geht’s ? » (ça va ?)
L’anim qui n’impose pas l’activité et ils-elles sont là pour accompagner les enfants.

L’agilité des enfants : j’ai observé le petit blond avec des lunettes qui saute partout même C.(un stagiaire du groupe) a eu du mal à sauter.

Je me suis posé la question du risque inutile par rapport à l’environnement, le sol est tel quel, terre, pierres apparentes et les cabanes et structures de bois très hautes. Cependant si on sécurise trop est-ce que l’objectif du BAUI sur la prise de risques et le danger n’est pas biaisé ?
J’ai aussi observé un petit groupe de filles qui se retrouvent sur la structure. Sur cinq, trois ont réussi à sauter par dessus le vide pour arriver à leur but. Les deux autres restent en retrait. Je me demande si elles vont prendre ce risque à contre cœur. Finalement, elles passent par un autre chemin et rejoignent les copines au même endroit. Je fais le constat qu’elles ont conscience de leurs limites et qu’elles ont trouvé un moyen toutes seules pour arriver au même but. Il n’y a pas de notion d’échec mais plutôt une valorisation de l’autonomie des enfants.

Partage de savoir par la pratique libre, les enfants et les anims font ensemble. Par exemple, un animateur commence à faire du feu et sans cours ou explications quelques enfants se joignent à lui.


Ce que je souhaite ramener dans ma structure d’alternance :

  • Capacité de faire rêver les enfants, sans fabulation
  • Cadre législatif adopté au territoire ?!
  • Amener à plus de liberté dans les activités
  • Laisser la place et le choix-ci l’enfant
  • La manière de leurs faire prendre conscience des risques de la vie par leur propre initiative et apprendre a se débrouiller tout seul.

Tout, enfin le concept. J’étais comme un « ouf » cet après-midi. Je sais que c’est un travail de longue haleine. Il faut que les mentalités changent. Une acceptation des parents, des élus et réfléchir à la posture des anims. Surtout par rapport au planning d’activités. J’ai envie dire, qu’ici les anims sont dans « l’attente » (je sais pas si c’est le bon mot) des propositions des enfants. L’équipe n’est pas dans la production ou le résultat ; même s’il y a forcément de la production pour un terrain d’aventure de cette ampleur, et une évolution vis-à-vis de la motricité des mômes.
Est-ce dû à la réglementation ?
Dans l’école où je bosse s’il manque un boulon sur une structure utilisée par les enfants. On ferme le jeu. Alors qu’ici, y’a des clous qui dépassent !
Si je veux ramener le tout dans ma structure il y a beaucoup de travail à faire mais qu’est ce que ce serait cool.

La notion de prise de risques, avoir suffisamment d’éléments pour l’amener dans ma structure. Déjà d’avoir pu l’observer ça donne des pistes. Il faut être calé avec cette notion, le cadre réglementaire.
Quelle stratégie, quels moyens je mets en place pour que cela fasse partie de la vie de tous les jours ?
La remise en question de nos pratique en tant qu’anim ; comment développer le côté imaginatif et créatif, que chaque individu soit dans la prise d’initiatives. Mon statut de père de famille appréhende un peu la posture que je peux avoir quand mon enfant à tendance à prendre des risques je suis plutôt protecteur plutôt que de valoriser la prise de risques pour le propre développement de mon enfant.

Aménager l’espace de jeux avec les mômes plutôt que d’acheter des structures déjà construites et qui coûtent chères. Faire avec les enfants ! Et faire ce que l’on se permet de faire en forêt ex : construire des cabanes, feu de camp... à l’intérieur même de notre structure.
Absence de planning, le libre choix de l’enfant. Si ça l’intéresse il fait des trucs, sinon, il s’amuse autrement.
En France il y a trop d’assistance envers les enfants, on ne considère pas les enfants comme étant capable de...

Portfolio

Le potager, un autre espace d'expérimentation Les outils, l'espace est géré par un adulte Le feu, élément central du BAUI Les règles de vie
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