Accueil > Allemagne > Délégations > Histoire et pratiques du travail social en Allemagne à partir des années (...)

Histoire et pratiques du travail social en Allemagne à partir des années 1920

Publié le jeudi 4 octobre 2018

Urte et Caroline nous ont fait une présentation de l’histoire du travail social en Allemagne.

1) Les débuts : des années 20 à 1933

Le concept de « jeunesse » est reconnu à la fin du 19ème siècle. Deux jeunesses sont concernées : les jeunesses populaires qui travaillent ce qui provoque des inquiétudes et donc des réflexions sur la protection des jeunes ainsi que les jeunesses bourgeoises ou se développent des activités auto-organisées notamment autour de la nature.
En 1923, la première loi sur la protection de la jeunesse est promulguée. Celle-ci comporte deux piliers :

  • l’assistance sociale et l’éducation : foyers, colonies de jeunes etc.
  • l’animation : tourne autour de la santé, l’hygiène, la morale (par exemple les jeunes filles apprennent à faire les travaux ménagers).

Les organisations religieuses sont très présentes.

2) 1933 – 1945 : le nazisme

En 1933 les organisations de jeunesse sont interdites. L’État reprend la main mise sur l’éducation avec la création des Jeunesses Hitlériennes. Celles-ci sont presque obligatoires pour les jeunes. La famille n’est plus la cellule éducative de base, les jeunes doivent servir le Fuhrer.

Quelques bandes de jeunes ont résisté avec par exemple les Edelweiss Pirates (un film retrace leur histoire). Les jeunes qui résistent sont envoyés dans des camps de travail forcé pour la rééducation des jeunes.

En 1945, la chute du Nazisme a engendré de nouveaux défis.

3) 1945 – 1968 : une jeunesse qui se reconstruit

La guerre a fait de nombreux orphelins. Pour faire face à cette situation, des grands foyers sont créés partout en Allemagne. Les conditions de vie dans ces foyers sont très mauvaises.
Les jeunes participent activement à la reconstruction des villes.
L’Allemagne est divisée en 4 et les alliés vont impulser des activités pour les jeunes : sports, loisirs (avec notamment l’ouverture à la culture américaine). Un courant très centré sur la discipline est toujours présent.

Petit à petit les grands foyers ferment au profit de plus petites structures. L’animation socio-culturelle se développe autour d’une idée forte : la discipline du groupe qui est analysé comme un héritage du nazisme.

4) 1968 à aujourd’hui : des réformes importantes

En 1961, une première réforme du travail social est promulguée. De nouvelles cultures de la jeunesse émergent dans les années 1960 : les blousons noirs, les mouvements sociaux de 1968 ou encore la révolte des foyers (avec notamment une libération de la parole des jeunes sur les conditions des grands foyers construits après la guerre).

De nouvelles formes du travail social apparaissent souvent impulsées par des parents, des instituteurs dans des quartiers.

En 1991, une réforme importante est mise en place. Il s’agit de la Loi d’Aide à l’Enfance et à la Jeunesse. La conséquence majeure de cette transformation est la reconnaissance d’un droit à toutes les prestations sociales pour les tous les jeunes (allemand ou étranger).
Cette réforme va abolir les grands foyers et les maisons de redressement pour valoriser des initiatives de base : crèches parentales, terrains d’aventure, projets en faveur des publics marginalisés…

Les orientations de cette loi sont les suivantes :

  • le droit aux prestations sociales et éducatives pour tous les jeunes de 0 à 27 ans (notamment le droit de recevoir les prestations sociales en cas de rupture familiale)
  • la priorité de la famille et des parents dans l’éducation (par rapport à l’Etat)
  • la reconnaissance de la pluralité des approches
  • l’encouragement et la soutien au développement individuel
  • l’individualisation des prestations.

Depuis les années 1990, le travail social a changé avec de nouvelles tendances :

  • l’approche systémique avec notamment la prise en compte du contexte familial, social et économique dans lequel évolue les enfants
  • la focalisation sur les ressources présentes et les aspects positifs plutôt que les problèmes
  • la prévention
  • la systématique générale suivant un protocole clair : observation, analyse, hypothèses, objectifs, réflexion-bilan)
  • l’organisation de la profession : des formations spécifiques longues (5 ans après le bac pour être travailleur social) ou encore de l’analyse de pratique qui est systématisée

Les 4 champs de prestation sont les suivants :

  • animation sociale : terrain d’aventure, clubs de jeunes, cafés de jeunes, travail social de rue, structures d’accueil spécifique…
  • aide à la parentalité : école pour parents, conseil à l’éducation, foyers d’hébergements pour parents/familles
  • l’accueil d’enfants en journée : crèches (0-3 ans), garderie d’enfants, maisons de la jeunesse, foyers de jours
  • des aides à l’éducation : avec des aides ambulatoires comme des groupes de paroles, des conseil à l’éducation, des allocations familiales ou des aides stationnaires avec des logements collectifs, des foyers pour enfants, des appartements de jeunes etc.

La formation des travailleurs sociaux n’est pas spécialisée comme en France (animateur.rice, éducateur.rice, assistante sociale etc.). Il s’agit d’une formation de 3 à 5 ans à l’Université qui couvre tous les champs de l’accompagnement social.

Un diplôme équivalent au BAFA existe avec le Juleica.

CEMEA Pays de la Loire - 15 bis allée du comandant Charcot - 44000 Nantes - 02 51 86 02 60 SPIP | réalisé et hébergé par les CEMÉA Pays de la Loire | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0