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Une blessure qui ne cicatrise pas

Publié le samedi 11 octobre 2014

A écouter de préférence avec cette chanson :

http://www.youtube.com/watch?v=ScCA...

Derrière sa joie de vivre permanente, sa grande gueule, son énergie débordante, il tente de masquer cette blessure, pour faire illusion, faire comme si tout allait bien, montrer qu’il est fort et que rien ne peut l’ébranler.

Mais il y a certaines blessures qui ne cicatrisent pas aussi bien et vite qu’une simple éraflure sur le genou après une chute étant petit ou qu’une marque sur le front, souvenir d’un jeu d’enfant. Quand il avait 6 ans, il jouait avec ses copains « aux arabes et aux soldats » comme il dit. Un échange de pierres qui a mal tourné et une cicatrice est apparue, celle-ci ne laissant qu’une trace extérieure et une anecdote à raconter.

Ce jeu d’enfant s’est transformé quelques années plus tard en jeu d’adolescents jetant des pierres à de vrais soldats israéliens venant perturber le calme d’une nuit à Askar ’Jdid et le sommeil de ses habitants. Il avait 12 ans, le même âge que son cousin avec qui il passait tout son temps. Cette nuit là, le jeu a viré au cauchemar et hante depuis toutes ses nuits. Voir son ami, son frère, s’effondrer dans ses bras et perdre tout son sang, dépasse l’entendement. Ce genre de blessure, invisible aux yeux des autres, empêche d’avancer et de grandir.

Cette nuit résonne chaque nuit en lui. La tristesse s’est transformée en haine de l’occupant et le fait souffrir un peu plus chaque jour. Cette souffrance est certainement plus violente et handicapante que cette balle présente dans son genou qui l’empêche de courir, de jouer au foot et de danser la Dabka autant qu’il en a envie.

Pour ne pas perdre la raison, il se convainc qu’un salut sera rendu à la Palestine et qu’un paradis l’attend. La religion devient pour lui signe de règles frustratrices, comme s’il n’avait pas le droit au bonheur tant qu’il est en vie. Refuser l’opération pour son genou revient à refuser d’aller mieux physiquement, la balle symbolisant peut être la souffrance liée à la perte de son cousin.

Son interprétation du Coran laisse peu de place à son esprit critique, l’empêchant de se questionner sur la société qui l’entoure et d’être acteur pour une Palestine libre.

E.

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