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Representation of resistance : L’exemple du village d’Al Masara

Publié le dimanche 4 décembre 2011

Si la Palestine subit l’une des plus longue occupation armée de l’histoire contemporaine elle est aussi, et encore, celle qui porte la plus longue résistance. Face aux multiples formes d’oppressions, d’interdits, de violence…préserver son humanité devient une nécessite pour ne pas perdre la face. L’expression d’une humilité d’un peuple face l’humiliation quotidienne des teck-points, des contrôles, des suppressions des terres etc… se manifeste au travers de modes actions pacifistes, se jouant sur la symbolique des choses, et la non violence…

La manifestation d’AL MASARA, petit village au sud de Bethlehem en est l’une d’elles. Créée en 2003, par le Comité de Résistance Populaire [1], cette organisation hebdomadaire, qui se tient tout les vendredis, a pour objectif de revendiquer leur droit et de faire entendre leur voix face aux injustices de l’apartheid. C’est en se rendant sur les lignes (ici une route) de séparation du village palestinien à celle d’une nouvelle colonie israelienne que ce village comme bien d’autres se bat.

L’arrivée à Al Masara

A l’entrée du village d’Al Masara, notre sherut (taxis collectif) empoussière une jeep de l’armée israélienne, puis en dépasse une second située au bout d’un chemin qui croise notre route.

Notre point de chute est une maison de plein pied appartenant au CPR. Située au cœur d’Al masara, au bord d’un champ de terre et de pierre, les militants du CPR préparent la manifestation, d’autres palestiniens s’y rassemblent, ainsi que des groupes d’internationaux (français-italiens), de 5 à 10 personnes. L’ambiance est à la fois chaleureuse et un peu de tension se fait sentir.

La marche

3 enfants portant une flopée de drapeaux passent devant nous, c’est le signale. Les drapeaux aux couleurs de la Palestine trouvent leurs mains qui les hisseront durant la manifestation. La marche commence, et se dirige vers l’entrée du village. Sourire aux lèvres, drapeaux à l’épaule flottant vigoureusement, le pas est décidé. Le groupe d’une cinquantaine de manifestants avance rapidement.

A la croisé des routes, on bifurque sur la gauche pour atteindre la second jeep vue en arrivant. Promptement, 3 soldats en sortent et bloquent physiquement les manifestants. Les empoignent, les poussent. L’un des manifestant se blésera dans cette première confrontation. Les soldats contiennent le groupe au niveau de la jeep, les renforts ne tardent pas a venir, traversant au pas de course le champs séparant les 2 routes. Ainsi une cohorte armée de 9 militaires se forme en mur en l’espace de quelques minutes, bloquant l’avancée de la manifestation.

Des enfants dressent au visage des soldats les drapeaux de Palestine, les responsables du Comité arrangent leur droit et leur cause à ces casqués qui en n’ont que faire. Les internationaux sont à fois mélangé à cette foule et en retrait pour prendre des photos.

Œil pour œil, dent pour dent

Soudain, impulsé par le comité, les manifestants enjambent un petit muret, pour traverser le champs d’olivier en contre bas de cette première rencontre. Les soldats ne tardent pas à réagir, et nous filent le pas pour ainsi reformer au milieu d’oliviers défeuillés un second mur. Deuxième corps à corps. Le ton monte d’un cran.

Puis rebelote, à peine 5 min après le groupe remonte le champs, gravit un haut muret de pierre pour atteindre une route. Au bout de celle-ci se trouve un axe routier important qui de l’autre côté se trouve la colonie, enfin les terres expropriées. Mais on ne pourra les apercevoir et encore moins les rejoindre depuis ce bout de bitume tenu par les boots des soldats. Ils sont maintenant 11 faces à nous, plus un petit nerveux avec sa radio dans le dos. Il fait des « va et vient » le long du cordon de ses sous-fifres. Son rôle, interpeller toutes personnes franchissant la ligne des soldats. Seul, les journalistes présentant leur carte peuvent passer de ce côté. Au loin 2 jeeps encadrent un lourd camion, les 3 véhicules sont à une 50éme de mètres, et occupent toute la voie. Une 3ème jeep qui déboule à font sur la foule de manifestants, ralentissant qu’au dernier moment. Intimidation gratuite. De leur côté les manifestants en première ligne œil pour œil avec l’ennemi leur parle, pose des questions :

« Combien d’hommes, de pères, de fils, de cousins, de femmes, et d’enfants as tu arrêté, violenté, tué ? « Tu vois pas que tu es en train de te détruit ? » etc…

Dialogue de sourd bien entendu. Les soldats n’ont pas autorisation de l’ouvrir, juste d’aboyer et de mordre si l’ordre en est donner par le petit nerveux.

Une femme vient rejoindre la manifestation, elle dans ses bras la un cadre avec la photo de son fils, un martyr de l’occupation. Arrivant par l’autre côté, la ligne de soldats de plomb la sépare des autres manifestants. S., caméra au poing la rejoint et a peine 2 pas engager derrière le mur armé elle se fait alpaguée par un militaire. Une personne tente de la rejoindre mais se retrouve nez à nez avec le petit nerveux. Échange de gestes et de paroles menaçantes. Il lui fait entendre que s’il souhaite rester en Palestine ça ne tient qu’à lui. S. et la dame au portrait rejoignent les rang des manifestants. A cet instant une ambulance prend place à une 30ène de mètres en aval de la manifestation. Elle est venue soigner l’homme malmené par la première troupe de soldats en début de manifestation. Il a des contusions au niveau du dos et du bras gauche.

Un peu plus tard, des cris et des bêlements venant d’un troupeau de mouton, s’avance sur la barrière humaine. Cependant ils n’auront pas le même privilège que la jeep israélienne de se voir offrir un chemin au travers de la masse. Ils contourneront l’ensemble par le champs d’oliviers.

La manifestation ne perd pas son fil et reprend de plus bel ses cris de colères et d’indignations…ça joue aussi sur l’humour.

Un sit-in s’organise, B. avec son voisin italien vient a proposer un match de foot, les équipes étant déjà faite, opposerait les 11 soldats à une équipe palestinienne et internationale. Un beau match en perspective et dont les chances de résultats seraient plus équitable.

Il faut dire que tout du long l’ambiance bien qu’en tension fut plutôt « chouette », la rencontre avec les autres manifestants se faisait simplement et facilement, et il y avait une bienveillance des uns envers les autres. « J’ai jamais fais un manif ou je me suis autant marré ! »

Pour finir un des membre du comité populaire fait un dernier speech en y menant tout son cœur et l’énergie qui lui reste. Photo, applaudissement puis le camp est levé. La petite foule de manifestants se dissipent sur le chemin du retour vers le centre du comité de résistance populaire pour un debriefing.

Épilogue

Quelques manifestants restent à bonne distance de la ligne armée, un envoie une bouteille d’eau dans leur direction, puis quelques cailloux suivent, la réponse se fait sans trader, une bombe acrimo est tirée. Elle est arrêtée par la tôle d’une porte de garage d’une des première maison du village qui se trouve pratiquement à une 100ène de mètres des soldats.

Article rédigé suite à la manifestation du 27 novembre 2011

Documents joints

Notes

[1Article sur le comité de resistance populaire, rédigé par JB suite à la manifestation du 21 octobre 2011 : Comité de résistance populaire d’al Masara

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