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Nuit orageuse, pas un chien dehors, juste l’armée israèlienne

Publié le mardi 15 novembre 2011

Ce matin, l’orage et la pluie ont laissé place à un fort vent d’ouest. Je prends mon café, un ami palestinien arrive : « Tu as été réveillé cette nuit ? Non. Les militaires israèliens sont venus dans le camp et ont arrêté deux personnes. »

Le camp de deishe est situé en zone A, d’après les accords d’Oslo, c’est à dire en zone exclusivement palestinienne. En réalité, la seule différence qui existe en Cisjordanie entre les zones A, B et C est que les palestiniens n’ont pas le droit d’aller dans la zone C. Il existe aussi une quatrième zone, appellons la « zone annexée », c’est un territoire palestinien qui est situé du côté israèlien du mur. Un territoire palestinien, reconnu par les lois internationales, par le partage de 1967, on peut y trouver des champs, des villes palestiniennes mais aussi des colonies. Il représente 10% de la cijordanie. La majorité des palestiniens n’y ont pas accès, ceux qui habitent du côté israèien du mur n’obtiennent quasiment jamais de permis de construire, contrairement aux colons israèliens. Ces derniers affirment même ignorer qu’ils sont colons et font croire qu’ils pensent qu’ils habitent israel.

Ce matin à deux heures l’armée israêlienne a donc pénétré dans le camp de Dhesishe, ce n’est pas extraordinaire, c’est habituel (http://maannews.net/eng/ViewDetails...). Depuis que je vis ici, ils le font minimum 3 fois par mois. Ils le font dans toutes les zones de cisjordanie, qu’elles soient A, B, C.

Un groupe d’irlandais est passé ce matin au centre, une personne a posée cette question : « qu’en est-il de la police palestinienne ? » Pour information, l’incursion de cette nuit a eu lieu dans la rue adjascente au centre d’al phoeniq, c’est à dire en face de la base militaire palestinienne. L’armée Israèlienne a garé ces jeeps près de l’université, puis est descendu jusqu’au camp. Pour ce faire, ils ont longé la base militaire. Pour arriver ici, ils ont dû entré en zone A, cela signifie qu’ils ont emprunté la route principale, croisé un panneau rouge indiquant « vous êtes en zone A, l’accès à cette zone est interdit à tout israèlien », ils ont aussi dépassé le point de contrôle des forces palestiniennes (point de contrôle ou des militaires palestiniens sont en faction durant la journée. Rien de plus compliqué.

Arrivé à la maison, ils n’ont pas pris la peine de frapper à la porte, ils ont fait un trou dans le mur, on cueillit leur cible, sont allés dans une deuxième maison et sont repartis.

Le message est clair : nous sommes présent, nous sommes chez nous, nous avons tous les droits. La zone A est sous autorité palestinienne, le camp est sous la responsabilité de l’ONU, ils se sont assis sur les deux.

Visite de la famille

En fin de matinée, je pars voir la famille. Une personne du comité populaire leur donne un document à remplir sur les évènements de la nuit, cela va permettre de déposer une plainte et de porter l’histoire en justice. Le document est en hébreu, il faudra l’envoyer à Addameer, une association de soutien aux prisonniers qui la portera devant une cour de justice israèlienne. Le problème ne sera donc pas traité par l’autorité palestinienne, incompétente à ce sujet, ni à l’ONU « trop occupée » dira ironiquement une des personnes de la familles pour s’occuper de ces actes.

La famille amène plus de détails sur l’incursion de la nuit :

« ils ont essayé d’enfoncer la porte, alors nous l’avons ouverte, ils ont été surpris »
« ils nous ont demandés de tous sortir nous avons refusé » (ils sont une dizaine à vivre sur 2 étages, dont plusieurs enfants en bas âge et un bébé, cette nuit il pleuvait).

Ne sachant pas exactement qui ils devaient arrêter ils ont arrêtés deux jeunes hommes de la famille, leur ont bandé les yeux et les ont amenés dans 2 direction différentes en les interrogeant. Un a été relâché, l’autre emmené.

En ce moment où est-il ?

  • en interrogatoire ? Dans des prisons spécifiques pour cela, où les prisonniers subissent des traitements spéciaux et peuvent rester entre 2 jours et plusieurs mois.
  • en prison en attente de jugement
  • en prison en détention administrative, l’autorité d’occupation a « le droit » d’enfermer quelqu’un sans procès pour une durée de 6 mois renouvelable.
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