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Murs et colonies à Bethléem

Publié le dimanche 29 décembre 2013

Nous montons tous dans un service, minibus palestinien et sortons de Bethléem. Nous longeons le poste de police de l’autorité palestinienne, par lequel ont transité plusieurs résistants palestiniens avant d’être envoyés dans une prison à Jéricho. Puis après quelques lacets, nous découvrons sur notre gauche quelques collines, où se trouvaient des agriculteur-rice-s. Temps à l’imparfait car maintenant, il n’y en a plus. Les israélienNEs ont détourné l’eau de la source, les agriculteur-rice-s n’avaient plus d’eau pour cultiver leur terre alors ils ont dû partir. On voit d’ailleurs au bord de la route trois grands réservoirs d’eau vides. Ces piscines creusées par les palestinienNEs étaient, avant, remplies d’eau, les palestinienNEs venaient en famille y faire des pique-nique sous les arbres de la pinède avoisinante. C’est ressenti comme très dur, très triste de ne plus pouvoir y revenir.

Puis nous allons dans le cimetière des martyrs. Il a été créé en 2000 car le cimetière principal de Bethléem étant israélien, il accueillait certes des morts palestinienNEs, mais pas n’importe lesquels : seulement ceux dont la mort était due à l’âge, la maladie... Les palestinienNEs ont alors fait leur cimetière pour les martyrs, ce qui a suscité de fortes réactions des israélienNEs. Entre autre, celles de tenter de récupérer les corps. Les palestinienNEs ont résisté, fait de grandes manifestations qui ont entraîné arrestations et emprisonnements. Plusieurs fois a été attaqué le cimetière, des tombes ont été détruites. Un jour, alors que quatre corps de martyrs étaient amenés au cimetière, les israélienNEs ont bloqué la rue avec des bulldozers. Malgré de violents affrontements, les palestinienNEs ont réussi à y enterrer leurs martyrs. Ces derniers sont âgés de 13 à 65 ans, le dernier a été enterré il y a seulement 20 jours. La solidarité palestinienne permet que soit prise en charge le coût de l’enterrement.

Sur la gauche, se trouve une montagne, classée en zone C. Cela signifie que les palestinienNEs n’ont pas le droit d’y aller. On y aperçoit plus en hauteur une colonie collée à une zone militaire, base israélienne pour favoriser et protéger l’installation des colons.

Plus bas, il y a quelques maisons, qui font l’objet d’attaques incessantes des israélienNEs pour récupérer une maison, lesquels obtiennent toujours gain de cause. Les palestinienNEs, eux, s’ils commencent à construire sans autorisation, et bien on leur envoie un bulldozer pour détruire et en plus, on leur envoie la note... pour les frais de destruction.

Un peu plus loin, sur la droite (on est en zone A, celle des palestinienNEs), se trouvent flambant neuf des magasins touristiques, des restaurants et autres infrastructures toutes prêtes à accueillir les futurs touristes étrangerEs. Un moyen pour grignoter du terrain tout en affirmant son occupation.

Puis nous passons par un village séparé en deux par une route israélienne interdite aux palestinienNEs. Si cette route réservée aux colons est empruntée par unE palestinienNE, c’est vraiment à ses risques et périls. D’autant que certains colons sont agressifs et en plus armés (les armes étant fournies par les militaires).
En haut des collines qui nous entourent flottent les drapeaux israéliens et sur plusieurs zones des caravanes, préfigurant la création de futures colonies. Avec une zone militaire à ses côtés, qui disparaîtra, rendue inutile par l’installation de fait achevée de la colonie.

Nous découvrons aussi le fameux mur de séparation. En fait, il y a plusieurs formes de murs, qui vont du simple mur (d’une hauteur impressionnante avec plus de 9 mètres dans Bethléem) au mur parapluie ou aux barbelés électriques. A noter que si la maison est près du mur, elle devient illégale et elle doit alors être détruite.

Nous rencontrons un petit vieux qui nous explique que les israélienNEs ne veulent pas qu’il reste dans sa maison, sur sa terre. Il faut dire que l’endroit est stratégique, situé en haut d’une colline et donc très intéressant pour y installer une nouvelle colonie ou une base militaire.

Il cultive des terres qui se situent tout près, mais de l’autre côté du mur. Avant, il mettait 5 minutes pour s’y rendre. Maintenant, ça lui prend une heure et demie et en plus, il doit obtenir une autorisation pour passer par le tunnel aménagé sous le mur. Se rajoutent à cela des colons qui lâchent les chiens sur les palestinienNEs qui vont travailler leurs terres. Cependant, ajoute-t-il, « Nous sommes comme des arbres, la pluie nous fait grandir ».

Il nous explique que, malgré qu’il y soit depuis plus de 40 ans, qu’il s’y soit marié et qu’il y ait eu de nombreux enfants, les israélienNEs ont détruit trois fois sa maison, car ses fenêtres donnaient sur le muret que la maison était en hauteur par rapport à la route des colons. Il nous exprime sa grande reconnaissance pour le grand courant de solidarité internationale qui l’a soutenu à chaque fois pour reconstruire sa maison. Il ne veut pas abandonner et nous donne une belle phrase en cadeau : « Nous, les palestiniens, on peut perdre un millier de fois et continuer. Pas les israéliens ».

S et T
29 / 12 / 13

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