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Sur la route, partie 1 : sud de la Cisjordanie occupée

Publié le samedi 19 avril 2014

Une voiture, deux mecs d’Askar, deux nanas d’Europe et c’est parti pour un weekend sur la route.

Vendredi, après un réveil matinal très compliqué pour certains, nous partons explorer la sud de la Cisjordanie occupée. De Naplouse, nous prenons tout d’abord la direction d’Hébron. Ne pouvant pas passer par Jérusalem, nous contournons la capitale ce qui prend un peu de temps. Mais ce n’est pas si désagréable car le paysage palestinien au printemps est superbe. En effet, nous serpentons dans des petites montagnes, vertes et rocailleuses. Nous passons devant de nombreux campements (bidonvilles) de bédouins et devant la plus grande colonie israélienne de Cisjordanie.

Vers cette première étape, quelque chose me surprend : plus nous approchons d’Hébron, plus nous voyons de drapeaux israéliens accrochés aux lampadaires qui éclairent la route. De plus, il y a une différence au niveau de la qualité des routes à chaque fois que nous roulons le long d’une colonie. Comme dit notre chauffeur « c’est pour nous faire sentir que nous ne sommes que de passage ».

Arrivés à Hébron, nous avons rendez-vous avec notre guide. Il nous a prévenu à l’avance : en ce moment, il y a des tensions dans la ville, il faudra partir avant la fin de la prière du vendredi (autour de 12h). Nous avons donc une heure devant nous et passons le chekpoint pour se rendre de la zone H1, sous autorité palestinienne, à la zone H2, colonie au coeur de la ville, sous autorité israélienne. La visite de la zone H2, je l’ai déjà faite mais c’est toujours aussi choquant : les grafitis « Gaz the Arabs » de la Ligue de Défense Juive, la rue principale vide de tout commerce, les rues interdites aux palestiniens, les panneaux d’informations touristiques avec des données qui changent au file des années... Alors que nous nous trouvons à l’intersection entre une rue autorisée à tous et une rue réservée aux colons, notre guide se fait agressé verbalement par une cinquantenaire israélienne. Il lui répond tout simplement de parler en anglais. Alors que c’est elle qui le traite de terroriste, le soldat qui assiste à la scène nous demande de faire demi-tour. Nous refusons et continuons la visite.

Il est 12h30 et nous sommes toujours dans la zone H2. Notre compagnon de route qui est resté dans la zone H1 nous appelle : il est temps de partir. En arrivant au checkpoint qui sépare des deux zones, nous voyons une quinzaine de soldats israéliens qui attendent. Nous passons le checkpoint. La rue qui était vivant il y a a peine deux heures s’est bien vidée. De ce côté du checkpoint il y a aussi des soldats, palestiniens cette fois. Nous n’avons pas le temps d’aller dans la vieille ville, la prière est bientôt finie, il est préférable de partir. Ces derniers jours, il y a eu des colons qui sont rentrés en H1 tous les jours et donc des clashs entre palestiniens et israéliens. La tension dans la ville est palpable.

Nous reprenons la route la route pour Bethlehem. Une rapide visite de l’église de la nativité pleine de touristes venus des quatre coins du monde mais peu intéressés par la situation politique. C’est vrai que c’est un beau lieu mais nous préférons repartir rapidement pour manger sur la route avant d’atteindre la mer morte.

Sur la route de la mer morte, le paysage change : bienvenu dans le désert. Pour moi, c’est ma première fois dans un désert. C’est magnifique. Sur le bas côté, des chameaux attendent que les touristes viennent les monter. Un peu plus bas, sous le niveau de la mer, nous apercevons la Mer Morte. Cette zone est entièrement contrôlée par les israélien. Nous devons donc nous rendre sur une plage privée. Comme vendredi c’est shabbat, l’entrée sur la plage sur laquelle nous voulons aller n’est pas autorisée pour les palestiniens. Plusieurs voitures devant nous font demi-tour pour trouver un autre endroit. C’est notre tour d’essayer de rentrer. Le vigile voit qu’il n’y a pas que des palestiniens dans la voiture. Il demande donc l’autorisation de nous faire entrer et nous l’obtenons. Bien sur, pour profiter du bord de mer, il nous faut payer un droit d’entrée à une compagnie israélienne (environ 13 euros, ce qui n’est pas rien ici).

Nous y sommes enfin, au bord de la Mer Morte. En face de nous, à une douzaine de kilomètres, la Jordanie. Autour de nous, des gens en vacances couverts d’argile. Nous aussi, on s’est baigné ou plutôt on a flotté, et on s’est couvert d’argile. C’est une belle après-midi (en faisant abstraction du contexte d’occupation).

Tout moment de farniente a une fin : direction Jéricho. Rapide passage dans la ville, il commence à faire nuit donc ce n’est plus le moment de faire du tourisme. On avale un falafel et on repars, on rentre à la maison pour mieux continuer le lendemain.

P.S. : Le lendemain les garçons nous confirment qu’ils y a eu des altercations à Hébron, faisant 12 blessés palestiniens.

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